dimanche 10 décembre 2017

Le Fou et l'Assassin : Sur les Rives de l'Art

Autrice : Robin Hobb
Éditions Pygmalion
528 pages – 21,90€
- SPOILER ALERT -

Abeille, la fille de Fitz, a été enlevée par les Serviteurs. Les membres de cette société secrète utilisent leurs rêves pour mettre en œuvre des prophéties qui les rendront plus riches et plus puissants. Mais Abeille est-elle aussi cruciale à leur destin qu’ils le pensent ? Si ses ravisseurs imaginaient leur mission facilement accomplie, c’était sans compter la rage déployée par la digne fille du seigneur de Flétribois pour leur échapper. 

Fitz et le Fou, qui la croient perdue à jamais, décident de se lancer dans une mission de vengeance qui doit les emmener dans l’île lointaine où vivent les Serviteurs – lieu que le Fou a d’abord appelé foyer avant d’y subir les pires sévices. Il a pourtant juré de ne jamais revenir à cet enfer duquel il s’est échappé. Mais malgré toutes ses blessures, il n’est pas sans défense. Et si Fitz n’est plus l’assassin sans faille de sa jeunesse, il vaut mieux ne pas le trouver en travers de son chemin.
Leur but est simple : tout faire pour que plus un seul Serviteur ne survive.


Mon avis :

Nous allons parler ici du troisième tome de la saga Le Fou et l’Assassin, qui est aussi le neuvième tome de L’Assassin Royal et le quinzième de toute la saga. Je vous invite donc à lire mon article ici si vous n’avez pas lu les autres sagas de Fitz et du Fou et à ne rester que si vous êtes à jour sur la série. N’hésitez pas à cliquer sur le lien si vous voulez découvrir Robin Hobb (et vous avez envie, promis)

Sur les rives de l’Art reprend donc là où le précédent tome nous avait laissé∙e∙s : Fitz, le Fou et leurs compagnons de route arrivent auprès des Anciens rencontrés dans Les Cités des Anciens, nous faisant retrouver quelques têtes connues, bien que ces dernières n’aient pas été nommées. Et pour cause, si nous les connaissons bien, ce n’est pas le cas de Fitz qui les rencontre alors, nous permettant de voir à travers ses yeux l’évolution de la société des « nouveaux Anciens » et ce qu’ils sont devenus après tant d’années. Ce tome annonçait donc un merveilleux carambolage entre les sagas de Robin Hobb, permettant enfin de lier tous ces destins qui semblaient avoir tant en commun sans que nous puissions mettre le doigt dessus. Si cela commence par mettre l’Art de Fitz au service des Anciens, montrant définitivement que cette magie est liée aux Dragons, Les Aventuriers de la Mer viennent ici aussi s’impliquer dans la quête de nos héros, permettant ainsi de retrouver d’autres personnages connus des lecteurs et lectrices. Et c’est fait avec tant de subtilité, sans nous noyer sous les informations, sans ressembler à une liste informe et impersonnelle. Non, chaque personnage ayant marqué les sagas qui apparaitra dans ce tome sera impliqué∙e dans l’intrigue, et on ne peut qu’espérer que la seconde partie du roman offrira une parfaite conclusion à chacune d’entre elles.

Car on ne peut que penser à une conclusion en lisant Le Fou et l’Assassin : Fitz a plus de soixante ans, le Fou est brisé et, pour la première fois, notre héros partage son point de vue avec sa fille, Abeille. Si j’ai tiqué en découvrant qu’Abeille empruntait parfois la première personne auparavant réservée à son père, je me suis vite rendue compte qu’elle était merveilleuse, terriblement attachante et agréable à suivre, me rappelant le jeune Fitz du tout début. Là où il découvrait tout à la fois le Vif et l’Art, Abeille doit survivre avec son Art particulier et ses rêves prémonitoires. Très vite, elle a réussi à gagner sa place dans mon cœur et à me faire autant apprécier les chapitres où je la suivais que ceux où je suivais son père. L’histoire est d’ailleurs très bien construite, car (presque) toutes les questions qu’Abeille se pose trouvent leurs réponses dans les chapitres du point de vue de Fitz, données par le Fou. Mais elle n’est pas seule, car son pouvoir semble avoir créé une sorte passerelle par laquelle son Père Loup lui parle… un Loup dont la voix ne peut sembler que familière aux lecteurs et lectrices des sagas précédentes. Mais même s’il est grisant de découvrir toutes ces réponses, de voir se tisser tous ces liens… une partie de moi ne peut qu’avoir le cœur serré en voyant la fin approcher. J’ai attendu ces réponses pendant des années mais maintenant qu’elles vont m’être données, je ne dirais pas non à quelques tomes de plus ! Même si j’ose espérer que je continuerais à voyager quelques temps avec Abeille…

Concernant l’histoire en elle-même, elle continue doucement à se mettre en place pour un final qui, je pense, ne laissera personne indemne. Si Fitz et le Fou continuent à penser Abeille morte et à vouloir mettre fin aux agissements des Serviteurs et assouvir leur vengeance, Abeille doit survivre à son périple à leurs côtés, sûre de devoir se débrouiller seule auprès de ces fanatiques. Il est terrifiant de voir un Fitz que rien ne raccroche à la vie planifier sa vengeance, en pensant le voir se précipiter vers la mort à chaque page alors que nous, nous savons que sa fille l’attend. La souffrance du Fou est tout aussi intolérable et la lenteur de sa guérison me brise le cœur, même si c’est plutôt Ambre qui prend les rênes dans ce tome. Ce serait un euphémisme de dire que je préfère le Fou à Ambre, son alter-ego féminin plutôt égoïste, mais je dois admettre que la retrouver auprès de ses camarades des Aventuriers de la Mer fut un réel plaisir. Or, quand j’ai compris que Robin Hobb nous amenait vers un tel carambolage de personnages, je n’ai attendu qu’une chose : que la route de Fitz croise celle de Parangon (vous savez pourquoi !). Mais je ne dirais rien à ce sujet non-non-non. Pourtant, malgré toutes ces merveilleuses péripéties qui ne font que prouver la profondeur de la saga, toute cette première partie avance très lentement au niveau de l’action du côté de Fitz : il est plutôt question de préparer un plan et d’établir des alliances. C’est du côté d’Abeille que tout bouge, car l’enfant débrouillarde rend la vie difficile à ses ravisseurs. Entre ses tentatives d’évasions, ses plans ingénieux, son Art et ses rêves, les chapitres du point de vue de la jeune fille sont haletants et mettent les nerfs à rude épreuve. D’autant que « la fin du tome », ou du moins le découpage choisi par l’éditeur, nous promet un final épique des deux côtés, même si je pense que je ne serai jamais suffisamment prête pour le découvrir.

Encore une fois, Robin Hobb m’a transportée avec un tome à la hauteur des précédents, peut-être même encore plus agréable à lire grâce à toutes les références aux Aventuriers de la Mer et aux Cités des Anciens qui ont comblée la fan que je suis. S’il devient de plus en plus évident que nous approchons de la fin et d’une conclusion très attendue, elle sera probablement tout aussi difficile à lire, émotionnellement. J’ai adoré ce tome et les réponses qu’il apporte, j’ai adoré voir le personnage d’Abeille grandir et s’affirmer, j’ai adoré Fitz et le Fou et vous les adorerez tout autant que moi ! Rendez-vous début 2018 pour une chronique larmoyante de la fin de la saga !

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