mardi 30 septembre 2014

Wizards, tome 2 : Le Sacrifice


Auteur : Diane Duane
Lumen
350 pages
15€

Nita est en vacances d'été sur les rives de la magnifique île de Long Island. Une nuit, sortie nager, elle croise dans les eaux tièdes un dauphin qui parle le langage des sorciers. Les rochers de la côte soufflent à son meilleur ami, Kit, venu passer quelques jours avec elle, qu'un danger imminent approche du rivage... Et voilà nos deux jeunes sorciers repartis en mission !

Entre animaux marins dotés de pouvoirs de sorcellerie, incantations vieilles comme le monde et regards inquisiteurs des parents de Nita, nos deux amis doivent ruser pour plonger découvrir les secrets ancestraux enfouis au fond de l'océan... et dont il va leur falloir maîtriser les arcanes, sous peine de mort !

Retrouvez Kit et Nita dans la suite de leurs aventures ! Vendue en tout à plus de 3 millions d'exemplaires rien qu'aux États-Unis, Wizards berçait avant Harry Potter les rêves de magie des adolescents américains. Très appréciée outre‑Atlantique, cette série a été primée de nombreuses fois.



Mon avis :

J'avais passé un agréable moment avec le premier tome de Wizards, même si quelques points m'avaient un peu dérangée. J'avais cependant prévu de laisser une chance à la suite de la saga et je ne le regrette pas du tout, ce second tome étant bien meilleur que le précédent. Je tiens donc à remercier le forum Au Cœur de l'Imaginarium ainsi que les Éditions Lumen pour ce partenariat ! 

Une fois encore, et je pense arrêter de le dire tant c'est toujours le cas chez Lumen, l'objet livre est superbe. La couverture est vraiment belle et en totale adéquation avec l'histoire. Et je précise aussi que Lumen nous offre ici un livre au même format et au même prix que les autres romans de la maison.

On retrouve dans ce second tome les deux héros rencontrés dans le premier, Nita et Kit, en vacances à Long Island avec les parents et la sœur de la jeune fille. Alors qu'ils se baignent tranquillement en profitant d'un repos bien mérité après les événements du tome précédent, un dauphin vient leur demander de l'aide en utilisant le Discours, le langage universel. Une de ses amies, une sorcière tout comme eux, est gravement blessée. Nita et Kit acceptent sans hésiter et vont se retrouver au cœur d'une aventure sous-marine qui va une fois encore être bien plus qu'une petite mission sans importance...

J'ai trouvé très plaisant d'être plongée en plein océan pendant la majorité du récit et d'avoir pour compagnons des baleines et des requins, entre autres. C'est un univers que j'ai très peu souvent visité au cours de mes lectures et dont je ne connais pas grand chose, finalement. Et je ne pensais pas m'y plaire autant ! Dans le roman, les habitants de la mer ont une façon de voir les choses très particulière et bien différente de la notre, mais il était très agréable de bouleverser mes habitudes et j'ai vraiment aimé ce coté très original.

Un autre point que j'ai beaucoup apprécié est un écho à ma propre façon de penser, à savoir le fait que l'Homme n'est pas forcément supérieur aux autres créatures, et Diane Duane semble partager mon avis. En effet, si Nita et Kit sont bien les deux jeunes sorciers au cœur de l'histoire, S'reee, la jeune baleine qu'ils rencontrent au début du roman, en est un aussi ! Maitriser la magie et le Discours ne sont pas des arts réservés aux sorciers humains, toutes les créatures peuvent apprendre. C'était très plaisant de lire une histoire où les humains et les habitants de l'océan sont sur un pied d'égalité. 

Aussi, il y a beaucoup de choses qui se sont grandement améliorées, depuis le premier tome. L'intrigue principale, pour commencer, est bien plus poussée que celle du précédent, et plus épique aussi ! Nita et Kit, que j'avais trouvé très semblables dans le premier tome, ont gagné en maturité et ont vu leurs caractères s'affirmer. Ils gagnent ainsi en crédibilité et on s'attache d'autant plus à eux. Je leur reprocherais cependant toujours cette facilité à accepter l'inimaginable, ainsi que leur faculté d'adaptation à n'importe quelle situation. Aussi, Diane Duane passe toujours sous silence tout ce qui concerne la sorcellerie et l'apprentissage de la magie, Nita et Kit arrivant toujours préparés d'un chapitre à l'autre, ou ayant appris tout ce qu'il y avait à savoir durant une ellipse. C'est un peu frustrant, comme si le lecteur était laissé de coté.

Suivant presque le même schéma que le tome précédent, le roman prend une tournure bien plus sombre vers la moitié du livre, et le titre prend enfin tout son sens. Mais le tout reste très accessible aux jeunes dès dix ans. Ces derniers s'identifieront très facilement aux deux héros, lesquels tentent de sauver le monde tout en devant jongler avec des problèmes bien plus communs, comme les couvre-feu, la petite sœur casse-pieds ou la maman inquiète en voyant sa fille se rapprocher d'un garçon... 

Une fois encore, j'ai apprécié la lecture de ce tome de Wizards, mais je reste assez loin du coup de cœur. Ce tome est plein de bonnes choses, très original et promet une suite des plus intéressantes, surtout du coté de la famille de Nita... mais je n'en dis pas plus. Le fait que les deux personnages principaux aient autant muri en si peu de temps promet des aventures de plus en plus palpitantes et j'ai hâte de voir ce que nous réserve Diane Duane avec la suite de Wizards. Encore merci à Lumen et à Au Cœur de l'Imaginarium !

mercredi 24 septembre 2014

Percy Jackson et les Dieux Grecs


Auteur : Rick Riordan
Wiz 
448 pages
15,50€

SORTIE LE 1er OCTOBRE

 LE TOUT CE QUE VOUS AVEZ TOUJOURS VOULU SAVOIR SUR LES DIEUX GRECS SANS OSER LE DEMANDER !

La mythologie ? Quelle barbe jupitérienne... Sauf si le jeune demi-dieu Percy Jackson se mêle de nous la raconter de l intérieur. Parce que le garçon est vraiment bien placé pour en parler : son papa, c est Poséidon, le dieu de la mer, un type pas vraiment commode.
Trahisons, complots, vengeances, incestes, cannibalisme, bains de sang, rapts et prises d otages... des Titans à Hercule en passant par Prométhée, on ne s ennuie jamais avec les Olympiens !

À partir de 11 ans




Mon avis :

 
Si vous suivez la page du blog, vous saurez que si j'ai pu lire Percy Jackson et les Dieux Grecs bien avant sa sortie, c'est grâce à la super opération organisée par Albin Michel sur la page facebook de Héros de l'Olympe. En participant à une sorte de chasse au trésor, les joueurs devaient deviner un mot de passe qu'il fallait ensuite aller donner à un des libraires participants dans toute la France. Si le code donné était le bon, vous repartiez avec un exemplaire collector et numéroté, à la tranche dorée. Ce fut mon cas, et j'ai donc en ma possession l'exemplaire 216/300 ! Encore merci à Wiz et à la librairie Maupetit de Marseille !


Percy Jackson et les Dieux Grecs est un hors série de la saga Percy Jackson, qui a l'air de prendre place au milieu des événements de la saga Héros de l'Olympe. S'il est un must-have des fans du jeune demi-dieu, il reste cependant accessible à absolument tout le monde. Aussi, je pense que vous pouvez le lire sans crainte de spoil. Certes, Percy étant celui qui raconte, vous risquez de tomber sur quelques allusions à ses amis, mais rien de bien méchant, ni rien qui pourrait vous gâcher l'histoire.

Ce hors série raconte tout simplement l'histoire de la naissance du monde version mythologie grecque, suivie d'une petite présentation des principaux dieux, soit les douze Olympiens et quelques extras, comme Hadès. Le tout raconté avec humour par Percy lui-même, avec ses réflexions personnelles sur chaque dieu et donc forcément avec quelques préférences assez appuyées, notamment sur son père. Et inversement, il n'hésite pas à raconter les pires histoires sur les dieux qui n'ont pas son affection, comme Arès par exemple, qui en prend pour son grade !


Percy Jackson et ses amis demi-dieux (actuellement en mission) saluent leurs fans français ! Rick Riordan

C'est le livre idéal à mettre entre les mains d'un enfant ou d'un ado qui veut en apprendre plus sur la mythologie grecque. Et même s'il n'en a pas du tout envie, le roman pourrait vraiment éveiller son intérêt pour la chose. Rick Riordan sait très bien se mettre dans la peau d'un jeune homme de 16 ans un peu blagueur, et ce coté cool et pas du tout prise de tête rend le livre très accessible à tous. De plus, il n'hésite pas à raconter les histoires à sa sauce, avec des réflexions du genre « Zeus continuait à la draguer lourdement, même si elle l'avait bloqué sur facebook » ou autres anachronismes du genre, qui rendent le tout très léger tout en restant plutôt correct d'un point de vue mythologique.

Et quand je dis plutôt correct, je veux dire que c'est juste assaisonné de modernité, avec des réflexions sur les réseaux sociaux, le high tech ou autres tout en racontant les vrais mythes sur chacun des dieux. Après tout, c'est sa marque de fabrique. Les sagas Percy Jackson, Héros de l'Olympe et même Kane's Chronicles (où les dieux égyptiens sont au cœur de l'intrigue) prennent place à notre époque mais respectent au mieux les mythologies qu'elles mettent en avant. Je tiens à le préciser, les films ayant démoli le travail de l'auteur.

Aussi, comme vous le savez peut-être, la mythologie grecque est pleine d'horreurs, de meurtres sanglants, de viols, d'incestes... et autres joyeusetés. Mais ici, Rick Riordan sait qu'il s'adresse à un public jeune et il arrive vraiment à édulcorer les choses sans pour autant prendre le lecteur pour un gamin, et il le fait même avec humour. Vous pouvez donc sans crainte mettre le livre entre les mains d'un enfant de dix ans, voire plus jeune. 

J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre, même en connaissant presque toutes les histoires qu'il racontait. Il vous fera passer un excellent moment tout en vous apprenant beaucoup, ou du moins en vous rafraichissant la mémoire sur certains points. Je le conseille à absolument tout le monde, que vous vouliez en apprendre plus sur la mythologie grecque sans en passer par les vieux classiques ou parce que vous voulez vous replongez dans l'univers de Percy avant la sortie prochaine du dernier Héros de l'Olympe... Foncez !

samedi 20 septembre 2014

Notre-Dame des Loups

Auteur : Adrien Tomas
Mnémos
220 pages
18€

1868, aux confins de l’Amérique, les Veneurs, une petite troupe d’hommes et de femmes sans foi ni loi, aux munitions forgées d’argent, l’âme froide comme l’acier, parcourent les immensités de l’Ouest sauvage.
Ils s’enfoncent, la peur au ventre mais déterminés, dans les gigantesques forêts que seuls les Indiens et les pionniers arpentent. Ils connaissent leur mission : elle pue le sang et la mort. Elle a le son des chairs qui se déchirent et des os qui rompent, des incantations vaudou, des balles qui sifflent et des molosses qui aboient. Au loin, les premiers hurlements se font entendre. La chasse commence… Une chasse qui doit réussir quel qu’en soit le prix. Une chasse pour abattre leur plus terrible ennemie : Notre-Dame des Loups…
Empruntant aux westerns comme aux films d’horreur, Adrien Tomas nous emporte dans un tourbillon de neige, de sang et d’action parfaitement maîtrisée au cœur des légendes les plus sombres et les plus terrifiantes d’Amérique du Nord.

vendredi 19 septembre 2014

Iluvendan, tome 1 : Rencontre avec Gaeria


Auteurs : Nicolas Debandt et Marc-Antoine Fardin
L'Homme sans Nom
418 pages
19,90€

Iluvendan. Une cité où la magie et la technologie se côtoient et s’entremêlent. Le Iolthän, étrange cristal noir, source d’énergie mystérieuse, assure la prospérité de la cité, fait voler ses aéronefs, offre le confort à ses habitants. Trois adolescents, les jumeaux Feäsil et Klaod et la séduisante Imenel, vont enfin pouvoir découvrir cette cité, car c’est là qu’ils mèneront leurs études. Les heures de cours, les rencontres avec les enseignants, les doutes personnels, cela aurait déjà de quoi largement remplir les journées : mais voilà qu’ils découvrent des rumeurs parlant d’une pénurie de Iolthän, d’une guerre imminente face au pays voisin ! Et comment résister à l’appel de l’aventure lorsqu’on est jeune ? Les trois héros vont décider d’enquêter.

Manipulés par certains, aidés par d’autres, ils devront faire face à des forces qui les dépassent, mais feront tout pour faire éclater la vérité !







Mon avis :

Ma critique arrive bien tard, il est vrai, sachant que j'ai lu le premier tome d'Iluvendan en LC avec ma coupine Bouchon... Il y a quelques semaines maintenant ! Le temps ne m'a pas vraiment aidé à trouver comment j'allais tourner cette critique, sachant que même en ayant passé un moment somme toute assez agréable, j'ai tout de même été un peu déçue de ma lecture.

Pas déçue dans un sens trop négatif non plus. Disons que le premier tome d'Iluvendan m'a surprise. Je m'attendais à un univers à la fois fantasy et steampunk, l'auteur lui-même décrivant le roman comme fantasy aux accents steampunk, et je me suis retrouvée face à un roman fantasy plutôt jeunesse où le steampunk est finalement très peu présent. Déjà, je ne m'attendais pas du tout au côté jeunesse, je ne sais pas pourquoi mais j'avais imaginé que l'Homme sans Nom se focalisait sur de la SFFF adulte. Alors que ce n'est nullement précisé, mais je le souligne pour ceux qui comme moi avaient cette idée en tête, sans raison.

Au début du roman, on découvre donc une ville qui fonctionne essentiellement grâce au Lolthan, un cristal noir qui permet toutes sortes de prouesses et qui est la source d'énergie première et presque exclusive d'Iluvendan. La ville ainsi présentée au début du roman explique le pourquoi de la qualification steampunk, même si cela finit par passer au second plan. Ainsi, si vous souhaitez lire un roman purement steampunk, Rencontre avec Gaeria n'est peut être pas le roman idéal. En revanche, si une saga de fantasy jeunesse aux accents steampunk non prédominants vous tente, c'est probablement le moment de vous lancer !

Il serait temps de passer à l'histoire, maintenant que ces quelques petits points ont été éclaircis ! Elle est donc principalement portée par trois héros : Feäsil et Klaod, qui sont jumeaux, et Imenel, leur amie de toujours. On découvre avec eux Iluvendan, capitale dans laquelle ils s'apprêtent à passer des examens qui, s'ils parviennent à valider une des matières, leur ouvriront les portes d'une des cinq castes d'élite : l’Académie, les Druides, les Ingénieurs, les Acrombres et les Graveurs. Chacun des trois héros a ses propres ambitions et les trois inséparables vont bientôt devoir emprunter des chemins différents...

Parallèlement, ils découvrent que les réserves de Lolthan, matériau indispensable à la bonne marche du pays et accessoirement principal outil des Graveurs (lesquels utilisent sa magie) s'amenuisent dangereusement. Débrouillards et curieux, les trois héros décident d'enquêter. Ils seront alors bien malgré eux embarqués dans une aventure qui les dépasse...

Passée la surprise de me retrouver avec un roman jeunesse entre les mains, j'ai pu pleinement apprécier l'intrigue. Sans trop vous en révéler, j'ai beaucoup aimé tout ce qui touchait au Lolthan, que ce soit la technologie ou la magie des Graveurs. Ce dernier point m'a tout particulièrement plu et j'ai trouvé cette forme de magie très originale et bien exploitée. En revanche, j'ai un peu été déçue par la caste des Acrombres. Disons que les Acrombres, et pas seulement à cause de leur nom, m'ont clairement fait penser aux Marchombres de Pierre Bottero. Malheureusement, ce dernier a mis la barre un peu trop haut et les Acrombres m'ont semblé bien fades en comparaison

J'ai aussi eu un peu de mal à m'attacher aux trois personnages principaux, aux caractères un peu trop lisses à mon gout. Très vite, on réalise qu'Imenel est un peu plus sensible au charme de l'un des frères et très sincèrement, je n'ai pas vraiment compris pourquoi, tant les jumeaux ont un caractère similaire. C'est un point qui m'a un peu dérangée, moi qui suis très attachée à la psychologie des personnages. J'ai besoin d'avoir face à moi des héros nuancés et les trois personnages principaux de Rencontre avec Gaeria m'ont semblé un peu trop manichéens et parfois peu crédibles. Mais je pense pouvoir espérer que les héros auront muris dans le second tome et que ce point sera amélioré.

Il est d'ailleurs évident que le roman dans son ensemble s'améliore au fur et à mesure que l'on s'approche de la fin, laquelle m'a donné très envie d'avoir la suite entre les mains au plus vite. Ce tome doit assumer le rôle de tome d'introduction tout en avançant clairement dans l'intrigue, et pour cause : s'il est le premier tome de la saga, il en est aussi l'avant dernier ! J'ai lu peu de diptyques, et je dois même avouer que si je devais vous en citer un, là, tout de suite, je sécherais complétement. Mais, sans avoir lu le second tome pour l'instant, je trouve que la présentation de l'univers, de la ville, des castes, des personnages secondaires ainsi que l'intrigue, l'avancée de l'histoire et l'action ont été bien dosés, avec une accélération très appréciable sur la fin

Ce premier tome d'Iluvendan est donc un roman jeunesse teinté de steampunk bien sympathique, avec quelques petits défauts qui m'ont un peu dérangée et qui m'ont fait manquer d'empathie envers les personnages principaux. Les dernières pages m'ont cependant donné très envie de découvrir la suite et fin de la saga, qui je pense sera plus mature et un peu plus sombre... Et c'est pour bientôt, très bientôt !


vendredi 12 septembre 2014

Éternité

J'ai choisi de faire une seule grosse critique pour les trois tomes, en prenant soin de les séparer tout de même, les ayant personnellement lus d'affilée, tentant vainement de lire d'autres livres en parallèle sans succès... Mais j'avais toujours besoin de me jeter sur la suite au plus vite. J'ai adoré cette saga dans son intégralité et je n'hésite pas à vous la recommander chaudement ! J'ai eu un coup de cœur pour Éternité, tout simplement.

Auteur : Magali Ségura
Bragelonne
25€ (intégrale)
Une des choses qui m'a vraiment beaucoup plu dans cette trilogie, c'est l'évolution de l'histoire toute entière. Le premier tome pourrait être accessible à un public jeune autant qu'à un lectorat plus adulte, c'est de la fantasy pour tous, qui présente un univers nouveau et très original. Le second tome est beaucoup plus sombre, plus noir, on y découvre des personnages vraiment mauvais et cruels, même malsains. Ce deuxième tome est déjà bien moins tout public, voire pas du tout. Et enfin le dernier tome est carrément terrible, il m'a perturbée par moments, offrant des scènes clairement inadaptées à un lectorat jeune. On s'enfonce dans la noirceur jusqu'à toucher du doigt la Dark Fantasy, sans pour autant y plonger. Préparez une bonne grosse boite de mouchoirs avant de vous lancer, car Magali Ségura n'hésitera pas à malmener votre pauvre petit cœur.

Éternité, c'est un peu deux histoires en une. Les personnages que l'on rencontre sont dans la situation dans laquelle ils se trouvent à cause d'événements survenus il y a neuf ans. Et ces événements seront contés en parallèle de l'histoire au fur et à mesure des trois tomes, en apportant chaque fois juste ce qu'il faut d'information pour ne pas frustrer le lecteur.

L'univers est très original et bien pensé, avec une Histoire et surtout une mythologie travaillée, extrêmement précise et propre à l'histoire. L'intrigue se déroule sur Terre de Sel, qui porte bien son nom car c'est un lieu majoritairement désertique où règne la sécheresse, où l'on a l'habitude d'avoir du sable dans les cheveux, dans les draps et même entre les dents... Et ce pour punir la faute des premiers hommes ayant habité cette terre.

Heureusement, ou malheureusement, les Dieux désignent tous les 500 ans un Élu qui doit choisir à qui offrir un certain pouvoir. Le premier Élu obtint le Don de la Magie, qu'il offrit à sa descendance. Les sorciers devinrent alors tout puissants et invincibles, mais je reviendrai sur les particularités des sorciers plus tard. 500 nouvelles années passent et le second Élu choisit d'offrir l'Invincibilité à l'Acier, permettant à des guerriers de s'opposer à la Magie, impuissante face à l'Invincibilité de l'Acier. Un demi millénaire plus tard survint un Élu fort cupide qui offrit la Jeunesse à toute femme touchant son corps... Et enfin, les Dieux désignèrent Naslie, un des personnages principaux de l'histoire, qui offrit l’Éternité à Terre de Sel. Le prix d'Alaya, premier tome de la trilogie, commence une dizaine d'années après le Choix de Naslie. 

Naslie n'est pas seulement la quatrième Élue des Dieux, elle est aussi une des descendantes du premier Élu et donc sorcière Mineure. Or les sorciers Mineurs, contrairement aux sorciers Majeurs, vivent quasiment en esclavage et sont soumis à des lois bien strictes. Naslie est une fugitive, elle est condamnée car elle a enfreint certaines lois et la sanction est inévitable, Élue des Dieux ou non.

Il faut savoir aussi qu'en offrant l’Éternité à Terre de Sel, Naslie ramena la pluie. Si son choix fut majoritairement acclamé, certains ne le virent pas d'un bon œil, comme ceux vivants du commerce de l'eau potable, par exemple. Ainsi, le monde voit en la quatrième élue un personnage presque divin, un être merveilleux qui a choisi de sauver les Hommes... Lesquels croient aussi qu'elle est morte lors du Choix.

Or Naslie est bien vivante, bien qu'elle se cache depuis presque neuf ans, ne restant jamais au même endroit trop longtemps. Elle fuit son passé, ses nombreux ennemis et surtout, elle cache son fils Jelis. Jelis né de l'union de Naslie avec l'homme qui l'a protégée lors de son périple vers le lieu du Choix, un guerrier de l'Acier. Ainsi, Jelis, petit garçon adorable de huit ans, pourrait maitriser Acier et Magie et devenir une menace pour le monde s'il venait à faire les mauvais choix...

Au début du premier tome, Naslie va laisser Jelis quelques jours chez une amie, Anha, peut-être la seule personne à qui elle fait encore confiance, pour pouvoir aller rendre hommage et se recueillir sur la tombe de la femme qui l'a élevée. Une fois sa mère partie, Jelis extorque à Anha des renseignements sur son père et s'enfuit à la recherche de ce dernier, qu'il finira par trouver. Yshem der Gamenot est un des meilleurs guerriers de l'Acier et le chouchou du grand Ménélas, leur chef. Sentant en Jelis un grand potentiel et une aura de grand guerrier, il le prend sous son aile afin d'en faire son apprenti, tout en ignorant sa véritable identité. Le jeune garçon se garde bien de la lui révéler, œuvrant en secret pour réaliser son vœu le plus cher : avoir une famille unie. Il sera aidé dans sa tache par Sondeur, ou Babache, le Luminis, ou Œil-de-Lumière de son père. C'est une créature proche du rongeur en apparence, mais considéré comme un animal sacré et divin. Chaque Luminis nait pour un seul but et celui de Babache étant le bonheur de la famille der Gamenot, il choisit d'aider Jelis dans sa tache... Même si celui-ci est près à tout pour voir ses parents ensemble, même à s'enfuir pour les obliger à s'allier pour le retrouver. 

Je ne peux guère vous en dire plus sans partir dans le spoil pur et dur. J'ai même longtemps hésité à vous présenter si précisément l'univers et l'Histoire de Terre de Sel, craignant de trop en dire. Si vous êtes déjà convaincu, vous pouvez tout aussi bien vous arrêter ici, même s'il n'y aura pas de de spoiler dans la suite...

Le second tome, comme je l'ai précisé plus haut, est bien plus sombre que ne l'était le premier. Les "méchants" que l'on rencontre dans Le Prix d'Alaya sont bien plus présents et leur cruauté est mise en avant. La palme revient à un puissant Majeur qui, depuis le début du premier tome, suit les pas de Naslie à la trace, cherchant le meilleur moyen de se venger d'elle. Ce mystérieux Majeur est extrêmement puissant, assez pour questionner les Dieux en passant par l'intermédiaire de Devineresses, des femmes choisies pour leur beauté. Les visions qu'il obtient du présent montrent, à travers des miroirs, le périple de Naslie et Yshem à la poursuite de leur fils, dont l'existence remplie le Majeur de joie. Il voit en Jelis un moyen parfait de se venger de celle qui lui a refusé l’Éternité...

J'ai été impressionnée par cet être cruel qui ne semble avoir aucune limite, pour qui la torture est un jeu, voire une façon de se faire plaisir, qui n'hésite pas à s'abreuver de sang humain... C'est un des êtres les plus malsains que j'ai rencontré en littérature fantasy, et je ne peux qu'admirer le talent de Magali Ségura qui a su créer des personnages si différents, si travaillés, sans avoir peur d'aller trop loin du côté de ceux que l'on n'aimerait pas rencontrer...

Parce que ce terrible Majeur est certes l'être le plus monstrueux du roman, mais il est loin d'être le seul à être mauvais. Il a à son service des fidèles qui le vénèrent soit par crainte, soit par dévotion malsaine et par affinité envers ses penchants malsains... Dont un, en particulier, qui est sur le devant de la scène tout au long de ce second tome.

Nous rencontrons aussi des guerriers de l'Acier fanatiques qui voient en la Magie leur ennemi de toujours, bien que les principes de l'école de l'Acier précisent qu'Acier et Magie doivent vivre en harmonie en respectant l'équilibre établi grâce au Don d'Invincibilité. Et ces guerriers ne peuvent décemment pas voir d'un bon œil l'existence d'un être capable de renverser cet équilibre en maitrisant Acier et Magie. Et enfin, il y a le demi-frère de Naslie, qui cherche à la détruire afin d’annihiler avec elle les penchants qu'elle provoque en lui et qui le répugnent... 

Magali Ségura nous offre donc un panel de personnages peu fréquentables extrêmement bien travaillés, nuancés, crédibles et il faut le dire, horribles qui donnent à son histoire une dimension tragique et dramatique pour contrebalancer le coté merveilleux apporté par son univers, sa mythologie et son bestiaire. Ce tome est celui qui amorce définitivement le début du plongeon dans la noirceur. On sait presque comment il va se finir, comment le troisième va débuter, mais on s'accroche à l'espoir qu'elle fasse demi-tour car on craint pour nos trois personnages principaux, tous trois très attachants, avec leurs défauts et leur qualités et des nuances qui les rendent humains et faillibles et qui nous font les aimer très fort. 



Mais enfin, le troisième tome nous ouvre les portes du cauchemar, de ce qu'on craint tout au long du deuxième tome tout en espérant de façon presque malsaine que cela va finir par arriver. Et là accrochez vous bien, car ce tome vous fera souffrir autant qu'il fera souffrir ses héros (enfin, physiquement un peu moins, tout de même.)

Jelis, Naslie et Yshem sont à bout de force. Ces trois tomes s'enchainent sur une durée très courte, quelques semaines peut-être, et nos héros ont dépassé leurs limites. Ce dernier tome n'est qu'angoisse et souffle coupé, et c'est celui que j'ai lu le plus vite, tout en voulant le faire durer le plus longtemps possible. Et il est aussi plein d'émotions, parfois vraiment très beau et il m'a fait pleurer à plusieurs reprises.

 Mais même si la cruauté des "méchants" de l'histoire est bien présente, il y a tout de même de l'espoir dans le camp des "gentils". Le grand Ménélas, lui-même accompagné d'un Luminis, ne reste pas inactif. Et si certains guerriers de l'Acier sont contre la Magie, d'autres sont plus ouverts et pourraient aider à renverser l'ordre établi...


Quant à Naslie, Yshem, Jelis et Babache, ils ne cesseront pas une seule fois de se battre. Et la fin du roman, parfaite comme je m'y attendais, vous laissera à la fois soulagé et terriblement vide, après avoir tant subi au coté de ces quatre personnages si forts et pourtant si fragiles. Je les ai aimé très forts, tous les quatre, et je ne suis pas prête à quitter Terre de Sel. La fin n'est pas vraiment ouverte, sans être fermée non plus. C'est une fin entr'ouverte que nous offre Magali Ségura, et je peux m'en contenter pour l'instant.

En refermant le dernier tome, j'ai vécu ce moment terrible qui vous serre le cœur quand vous terminez une saga avec laquelle vous avez vécu pendant des années... Sauf qu’Éternité ne m'a même pas accompagné pendant un mois. Et pourtant, j'ai eu du mal à lire autre chose pendant, j'ai encore du mal à me lancer dans d'autres romans maintenant. J'ai eu un grooos coup de cœur pour cette saga. J'ai à la fois hâte et très peur de commencer Leïlan... M'enfin, si comme moi vous êtes en manque, n'hésitez pas à aller sur le site de Magali Ségura, vous y découvrirez plein de choses qui vous referont voyager dans l'univers de Terre de Sel, ce sera moins difficile à supporter : cliquez donc ici.

 

mardi 9 septembre 2014

Top Ten Tuesday (10)

Thème de cette semaine :
Les 10 animaux/créatures rencontrés dans des livres que vous aimeriez posséder.

Je suis une amoureuse des bêtes et si je m'écoutais, j'en aurais de toutes sortes, partout, par centaines. Mais je suis raisonnable alors je n'ai qu'un chien et un chat... Hum. Et ces deux bébêtes ont des noms d'inspiration fantasy, entre Ghost, petit chien noir de huit kilo qui porte le nom d'un Direwolf albinos géant (je l'ai nommé ironiquement, je trouvais ça cool, okay ?) et ma petite dernière, qui a bien failli s'appeler Reghia ("Mais Matthieuuuu, c'est dans La Dernière Terreuuuuh") et Guenhwyvar ("Mais siiii, c'est tout à fait prononçable comme nooooom") avant de finalement porter le nom de Devi, du Nom du Vent. 3615MyLife/Off ! Donc, j'aimerais beaucoup avoir...

1) Un Direwolf
(Le Trône de Fer, GRR Martin)
Le rêve absolu pour l'amoureuse des canidés que je suis. Avoir cette connexion avec son familier, pouvoir voir par ses yeux, communiquer... La mégaclasse ! Mais j'ai pas trop à me plaindre quand même, avec Ghost, mon Direwolf personnel, on communique plutôt bien... surtout quand j'ai un biscuit à la main ! 

2) Un Dragon
(Le Trône de Fer, GRR Martin... Ou autre, je suis pas difficile. Un Dragon, quel qu'il soit !)
Plus besoin de passer le permis ! Non sérieux, je veux un dragon depuis toujours, j'en ai rêvé, je l'ai souhaité, j'ai supplié le destin... Et toujours rien ! Mais je ne perds pas espoir. J'ai envie de croire aux Dragons, parce que c'est juste LA créature la plus géniale qui soit, et que j'en mérite un, non mais !

3) Un hibou ou une chouette
(Harry Potter, JK Rowling)
Un malin de préférence, plus Hedwige ou Hermès que Errol ou Coquecigrue, m'voyez ? Comme ça je pourrais me la péter sévère, envoyer des lettres sans arrêt pour rien, tout ça. Et parce que j'adore les hiboux, c'est un de mes animaux favoris, c'est trop classe, ils sont trop beaux, ce sont les chats du ciel, ils font des trucs de fada avec leurs cous... Bref. Je veux même un tatouage de hibou, c'est dire si je les aime fort.

4) Guenhwyvar
(La Légende de Drizzt, RA Salvatore)
Mais ça me ferait trop de peine de la renvoyer dans son plan astral, je voudrais la garder près de moi et la grattouiller tout le temps. Quoi que, elle aurait besoin de faire beaucoup d’exercice... Mouais, laissons la gambader dans son plan astral et venir quand elle veut une grattouille derrière les oreilles ou une friandise, ça je gère !

5) Un Skorj
(Le Cycle d'Alamänder, Alexis Flamand)
Un poulpe géant pour faire du tout terrain, c'est mieux qu'un 4x4 ! Bon, je prendrais volontiers le chauffeur en bonus, parce que je ne suis pas sure de pouvoir enfoncer mes mains dans son crane pour le contrôler... brrr ! Ou au pire, je le laisse aller à sa guise, hein...


6) Un Fouliour
(Éternité, Magali Ségura)
Surement parce que je viens de finir la saga... Mais ça me dirait bien, de voler à dos de Fouliour ! C'est un animal bâtard, stupide et stérile qui ne pense qu'à voler jusqu'à ce que l'épuisement le gagne, et qui ne peut le faire que de jour. Alors pour les empêcher de fuir, il faut leur bander les yeux, tout simplement. Bon, c'est la lose si on doit voyager de nuit, mais sinon, j'en veux uuuun !

7) Un Shgrane
(Éternité, Magali Ségura)
Cette fois, c'est pour se balader au sol. un Shgrane, c'est une espèce de panthère à dents de sabre, comme on peut en voir une sur la couverture du premier tome. Et ça fera un pote à Guen, ils pourront gentiment se bagarrer... Ah bah voilà, quand il faudra promener Guen, je la suivrais à dos de Shgrane !

8) Un Elfe de Maison
(Harry Potter, JK Rowling)
Hééé, rangez les fourches, n'allez pas chercher Hermione, calmez vous ! Un Elfe de Maison LIBRE ET RÉMUNÉRÉ ! On est pas des brutes, voyons ! Mais voilà, je m'en occuperais super bien en échange de la cuisine et du ménage, je l'aiderai même ! Et on l'éduquera bien aussi, pour éviter de tomber dans le fanatisme et la dévotion absolue, n'est ce pas Kreattur et Winky ?

9) Un Sombral
(Harry Potter, JK Rowling)
Pour me la péter à Halloween. Non sérieux, j'ai adoré les sombrals, j'ai été conquise par ces créatures sombres et incomprises, qui souffrent de cette malédiction peu commune... J'adore ! J'aurais d'ailleurs adoré suivre les cours de Soin aux Créatures Magiques avec Hagrid. Risquer sa vie, tout ça... Joie !

10) Une Licorne
(Anywheeere)
LES LICORNES C'EST LA VIE.


Et vous, quel est votre top ? 



jeudi 4 septembre 2014

Coverama - Alternate Worlds, artbook by Marc Simonetti

Histoire de vous montrer la taille de la bête !

Comme vous le savez si vous me suivez sur facebook, j'ai reçu aujourd'hui l'artbook de Marc Simonetti : Coverama. J'en suis plus que satisfaite, il est vraiment très beau et très bien réalisé, je ne peux que féliciter Marc, il est PARFAIT !

Si vous ne connaissez pas Marc Simonetti, sachez que c'est un de mes illustrateurs préférés. Il a illustré beaucoup de romans chez Bragelonne, dont les sublimes livres de Patrick Rothfuss. Il a aussi réalisé les illustrations des intégrales J'ai Lu du Trône de Fer et de l'Assassin Royal, et des Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett chez Pocket... Et il a aussi réalisé une vingtaine d'illustrations pour The World of Ice and Fire, qui sortira en Octobre !

Je vous invite à scroller pour découvrir quelques unes des pages de l'artbook, lequel en contient 256 ! Et si vous voulez craquer...






Il fait à peu près deux Devi de long, c'est dire s'il est gros !



On commence tout de suite par un voyage à Westeros, accrochez vous !

Quelques mots de GRR Martin sur LE trône de fer...
Et le trône by Marc

Du rough au final...

Des pencil sketches, pour voir l'évolution
 Et ce sera tout, parce qu'il faut dire que l'artbook spoile pas mal les non-lecteurs ! ;)

Puis on file vers le Disque-Monde, de Terry Pratchett ! :D

Vous aurez souvent le ressenti de Marc sur les séries qu'il illustre, parce que bien souvent, il les aime aussi.

Les couvertures, chez Pocket



Un petit tour chez M. Lovecraft...




à partir d'ici, c'est fantasy !

Ses masterpieces, à mon humble avis

Avec la sublime couverture du futur Rothfuss, The Slow Regard of Silent Things

Du Robin Hobb


Au Brésil (avec qui il travaille beaucoup) on peut trouver cette couverture de Riverdream, de GRRM

Un peu de SF...


Marc revient à ses premiers amours en illustrant les intégrales de Stefan Wul, chez Bragelonne !



Encore du GRRM !



Video Games too !

Et chez Ubisoft, siouplez !

Et un peu d'animation, aussi !

Passons aux illu perso...




Puis à l'envers du décor !




Vous en voulez plus ? Suivez le lien !